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Dante par Gustave Doré |
Alors que l’on célèbre cette année
le 750e anniversaire de la naissance de Dante, nous avons exhumé de
notre bibliothèque un court et jolie texte d’Alexis Chassang. De quoi susciter l’envie de se replonger dans l’œuvre du grand poète et
philosophe florentin.
« Dante
Alighieri, né à Florence en 1265, était noble et Guelfe. Mêlé aux luttes
intestines de sa patrie, où il avait exercé des fonctions publiques, il fut
proscrit en 1302 : le ressentiment le fit Gibelin. Les hasards de l’exil
le conduisirent à Ravenne, où il mourut en 1321.
L’une des épopées les plus
originales qui existent est assurément la
Divine Comédie de Dante
Alighieri. Sans doute on a pu écrire De
la divine Comédie avant le Dante[1] ;
mais, si l’idée ne lui appartient pas, et s’il s’est souvenu d’œuvres ou de
légendes du moyen âge, son génie a tout transformé, de telle sorte qu’on peut dire
qu’il est aussi créateur dans ses emprunts ou dans ses réminiscences que dans
les inventions qui lui sont propres, et qui sont de beaucoup les plus
nombreuses.
Il y a de tout dans la Divine Comédie, de la théologie, de la
métaphysique, de la science et de la politique. Aussi est-il peu d’ouvrages qui
soient aussi propres à mettre à l’épreuve l’érudition du lecteur, et l’on
comprend qu’il ait été fondé en Italie des chaires pour le commenter. Tandis
que les érudits s’attachent à ces divers côtés de l’œuvre du poète florentin de
la fin du treizième siècle, ce qui la fait vivre dans la mémoire des simples
lettrés, c’est la poésie qui non seulement crée des fictions nouvelles et
faites pour durer toujours, mais donne un corps même aux abstractions du
métaphysicien. Dante est un savant et un penseur, mais c’est surtout un homme d’une
vive et puissante imagination. S’il veut parler de la science et de la poésie,
il leur prête vie, et il les représente sous la figure de celui qui résumait
ces idées au moyen âge, sous les traits de Virgil : ce sera son guide dans
l’Enfer et le Purgatoire. Mais la théologie seule peut être son introductrice
dans le Paradis, et la théologie devient Béatrice, non pas une sèche et froide
allégorie, mais la peinture idéale d’une jeune fille dont la beauté a ravi son
enfance, et qui a traversé sa vie comme une céleste vision. »
Alexis Chassang et F. L. Marcou,
Les chefs-d’œuvre épiques de tous les
peuples,
éditions Furne, Jouvet et Cie, Paris, 1879, p. 187.
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Editions de La Différence,1 040 pages, 49,70 eruros |
[1] Article de Ch. Labitte dans la Revue des Deux Mondes, 1841.
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